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lunes, 15 de abril de 2013

Votre fille a vingt ans



Votre fille a vingt ans, que le temps passe vite
Madame, hier encore elle était si petite
Et ses premiers tourments sont vos premières rides
Madame, et vos premiers soucis

Chacun de ses vingt ans pour vous a compté double
Vous connaissiez déjà tout ce qu'elle découvre
Vous avez oublié les choses qui la troublent
Madame, et vous troublaient aussi

On la trouvait jolie et voici qu'elle est belle
Pour un individu presque aussi jeune qu'elle
Un garçon qui ressemble à celui pour lequel
Madame, vous aviez embelli

Ils se font un jardin d'un coin de mauvaise herbe
Nouant la fleur de l'âge en un bouquet superbe
Il y a bien longtemps qu'on vous a mise en gerbes
Madame, le printemps vous oublie

Chaque nuit qui vous semble à chaque nuit semblable
Pendant que vous rêvez vos rêves raisonnables
De plaisir et d'amour ils se rendent coupables
Madame, au creux du même lit

Mais coupables jamais n'ont eu tant d'innocence
Aussi peu de regrets et tant d'insouciance
Qu'ils ne demandent même pas votre indulgence
Madame, pour leurs tendres délits

Jusqu'au jour où peut-être à la première larme
A la première peine d'amour et de femme
Il ne tiendra qu'à vous de sourire Madame
Madame, pour qu'elle vous sourie...

domingo, 14 de abril de 2013

Ma liberté





Ma liberté
Longtemps je t'ai gardée
Comme une perle rare
Ma liberté
C'est toi qui m'a aidé
A larguer les amarres
Pour aller n'importe où
Pour aller jusqu'au bout
Des chemins de fortune
Pour cueillir en rêvant
Une rose des vents
Sur un rayon de lune

Ma liberté
Devant tes volontés
Mon âme était soumise
Ma liberté
Je t'avais tout donné
Ma dernière chemise
Et combien j'ai souffert
Pour pouvoir satisfaire
Toutes tes exigences
J'ai changé de pays
J'ai perdu mes amis
Pour gagner ta confiance





Ma liberté
Tu as su désarmer
Toutes Mes habitudes
Ma liberté
Toi qui m'a fait aimer
Même la solitude
Toi qui m'as fait sourire
Quand je voyais finir
Une belle aventure
Toi qui m'as protégé
Quand j'allais me cacher
Pour soigner mes blessures

Ma liberté
Pourtant je t'ai quittée
Une nuit de décembre
J'ai déserté


sábado, 13 de abril de 2013

Et pourtant dans le monde



Que tout ça ne sers à rien que ce n’est pas encore pour demain
Et pourtant dans le monde d’autre voix me répondent
Et pourtant dans le monde

Tu me diras que j’ai tort de rêver en croyant vivre la réalité
Qu’il faut rester les yeux ouverts et regarder tout ce qui va de travers
Et pourtant dans le monde d’autre voix me répondent
Et pourtant dans le monde

Tu me diras que j’ai tort de crier et de clamer mes quatre vérités
Qui vaut mieux se taire ou mentir surtout savoir garder le sourire
Et pourtant dans le monde d’autre voix me répondent
Et pourtant dans le monde

Tu me diras que j’ai tort de parler de l’amour comme s’il existait
Qu’il ne s’agit que d’un mirage d’une illusion qui n'est plus de mon âge
Et pourtant dans le monde d’autre voix me réponde
Et pourtant dans le monde

Tu me diras que j’ai tort ou raison ça ne me fera pas changer de chanson
Je te la donne comme elle est tu pourras en faire ce qui te plaît
Et pourtant dans le monde d’autre voix me répondent
Et pourtant dans le monde...

viernes, 12 de abril de 2013

Sarah


La femme qui est dans mon lit
N'a plus 20 ans depuis longtemps
Les yeux cernés
Par les années
Par les amours
Au jour le jour
La bouche usée
Par les baisers
Trop souvent, mais
Trop mal donnés
Le teint blafard
Malgré le fard
Plus pâle qu'une
Tâche de lune

La femme qui est dans mon lit
N'a plus 20 ans depuis longtemps
Les seins si lourds
De trop d'amour
Ne portent pas
Le nom d'appas
Le corps lassé
Trop caressé
Trop souvent, mais
Trop mal aimé
Le dos vouté
Semble porter
Des souvenirs
Qu'elle a dû fuir

La femme qui est dans mon lit
N'a plus 20 ans depuis longtemps
Ne riez pas
N'y touchez pas
Gardez vos larmes
Et vos sarcasmes
Lorsque la nuit
Nous réunit
Son corps, ses mains
S'offrent aux miens
Et c'est son coeur
Couvert de pleurs
Et de blessures
Qui me rassure



jueves, 11 de abril de 2013

Joseph


Voilà c'que c'est, mon vieux Joseph Que d'avoir pris la plus jolie Parmi les filles de Galilée, Celle qu'on appelait Marie. Tu aurais pu, mon vieux Joseph, Prendre Sarah ou Déborah Et rien ne serait arrivé, Mais tu as préféré Marie. Tu aurais pu, mon vieux Joseph, Rester chez toi, tailler ton bois Plutôt que d'aller t'exiler Et te cacher avec Marie. Tu aurais pu, mon vieux Joseph, Faire des petits avec Marie Et leur apprendre ton métier Comme ton père te l'avait appris. Pourquoi a-t-il fallu, Joseph, Que ton enfant, cet innocent, Ait eu ces étranges idées Qui ont tant fait pleurer Marie ? Parfois je pense à toi, Joseph, Mon pauvre ami, lorsque l'on rit De toi qui n'avais demandé Qu'à vivre heureux avec Marie

miércoles, 10 de abril de 2013

Un jour tu es parti


Un jour tu es parti sous terre ou dans le ciel
Pour goûter au repos que l'on dit éternel
Rejoindre les copains qui t'avaient précédé
Et courtiser les muses de l'autre côté.
Et nous sommes restés gros Jean comme devant
Nous tous qui nous sentions pareils à des enfants.
Qui auraient grandi à l'ombre de ta moustache
Tu nous avais appris à crier : « mort aux vaches ! »
Sur un air de guitare et sans mâcher les mots,
Et surtout à être bons pour les animaux.
Au refrain
Au bord de notre mer Méditerrannée
Tu reposes là où jadis tu étais né
Et je soupçonne que tu ne dors que d'un œil
Pour regarder passer quelque vestale en deuil
Que le vent déshabille d'un geste fripon
Comme pout te montrer l'envers de ses jupons.
Au refrain
Ils ont fait ton éloge et célébré tes vers
Ils ont failli te faire porter l'habit vert
Et à titre posthume ils sont encore capables
De faire de toi un poète respectable
Toi qui ne respectais pas grand chose avoue-le
Et suivais simplement une autre route qu'eux.
Au refrain
Voici que moi aussi je viens faire un discours
Pardonne-moi de ne pas le faire plus court
Et si tu peux m'entendre depuis l'au-delà
Continue je t'en prie de nous donner le “la”
Raconte-nous comment ça se passe là-bas
Si tu t'y plais au point de n'en revenir pas.
Au refrain
…Rejoindre les copains qui t'avaient précédé
Et courtiser les muses de l'autre côté.

martes, 9 de abril de 2013

La ligne droite


Je ne t'attends pas au bout d'une ligne droite
Je sais qu'il faudra faire encore des détours
Et voir passer encore des jours et des jours
Mais sans que rien ne vienne éteindre notre hâte

Il pleut chez toi, chez moi le soleil est de plomb
Quand pourrons-nous enfin marier nos saisons
Quand pourrons-nous rentrer ensemble à la maison
Nous avons le temps, mais pourquoi est-ce si long

Mes habits ont parfois des traces de poussière
Et le parfum fané des amours passagères
Qui m'ont rendu ma solitude plus légère
A l'aube de mes nuits blanches et solitaires

Et toi mon bel amour, dis moi s'il y a des hommes
Qui t'ont rendu la vie un peu moins monotone
Qui t'aident à supporter l'hiver après l'automne
Et les silences obstinés du téléphone

Nous nous raconterons nos triomphes, nos fêtes
Mais comment s'avouer toutes nos défaites
L'angoisse qui nous tient, l'angoisse qui nous guette
Et s'accroche à chaque pensée, à chaque geste

Je sais que tu seras au bout de mes voyages
Je sais que tu viendras malgré tous les détours
Nous dormirons ensemble et nous ferons l'amour
Dans un monde réinventé à notre image

lunes, 8 de abril de 2013

La carte du tendre


Le long du fleuve qui remonte
Par les rives de la rencontre
Aux sources d'émerveillement
On voit dans le jour qui se lève
S'ouvrir tout un pays de rêve
Le tendre pays des amants
On part avec le œcœur qui tremble
Du bonheur de partir ensemble
Sans savoir ce qui nous attend
Ainsi commence le voyage
Semé d'écueils et de mirages
De l'amour et de ses tourments

Quelques torrents de médisance
Viennent déchirer le silence
Essayant de tout emporter
Et puis on risque le naufrage
Lorsque le vent vous mène au large
Des îles d'infidélité
Plus loin le courant vous emporte
Vers les rochers de la discorde
Et du mal à se supporter
Enfin la terre se dénude
C'est le désert de l'habitude
L'ennui y a tout dévasté

Quand la route paraît trop longue
Il y a l'escale du mensonge
L'auberge de la jalousie
On y déjeune de rancune
Et l'on s'enivre d'amertume
L'orgueil vous y tient compagnie
Mais quand tout semble à la dérive
Le fleuve roule son eau vive
Et l'on repart à l'infini
Où l'on découvre au bord du Tendre
Le jardin où l'on peut s'étendre
La terre promise de l'oubli

domingo, 7 de abril de 2013

Le facteur





(Parlé)
Le jeune facteur est mort.
Il n'avait que dix-sept ans.
Tout est fini pour nous deux maintenant.
(Chanté)
L'amour ne peut voyager.
Il a perdu son messager.

C'est lui qui venait, chaque jour,
Les bras chargés de tous mes mots d'amour.
C'est lui qui portait dans ses mains
La fleur d'amour cueillie dans ton jardin.

Il est parti dans le ciel bleu,
Comme un oiseau enfin libre et heureux
Et quand son âme l'a quitté,
Un rossignol, quelque part, a chanté.

Je t'aime autant que je t'aimais
Mais je ne peux le dire, désormais.
Il a emporté avec lui
Les derniers mots que j'avais écrits.

Il n'ira plus sur les chemins
Fleuris de rose et de jasmin
Qui mènent jusqu'à ta maison.
L'amour ne peut plus voyager.
Il a perdu son messager
Et mon coeur est comme en prison...

Il est parti, l'adolescent
Qui t'apportait mes joies et mes tourments.
L'hiver a tué le printemps.
Tout est fini pour nous deux maintenant.

miércoles, 26 de septiembre de 2012

Il est trop tard

Pendant que je dormais, pendant que je rêvais
Les aiguilles ont tourné, il est trop tard
Mon enfance est si loin, il est déjà demain
Passe passe le temps, il n'y en a plus pour très longtemps
Pendant que je t'aimais, pendant que je t'avais
L'amour s'en est allé, il est trop tard
Tu étais si jolie, je suis seul dans mon lit
Passe passe le temps, il n'y en a plus pour très longtemps
Pendant que je chantais ma chère liberté
D'autres l'ont enchaînée, il est trop tard
Certains se sont battus, moi je n'ai jamais su
Passe passe le temps, il n'y en a plus pour très longtemps
Pourtant je vis toujours, pourtant je fais l'amour
M'arrive même de chanter sur ma guitare
Pour l'enfant que j'étais, pour l'enfant que j'ai fait
Passe passe le temps, il n'y en a plus pour très longtemps

Pendant que je chantais, pendais que je t'aimais
Pendant que je rêvais il était encore temps

jueves, 19 de mayo de 2011

Il y avait un jardin



C'est une chanson pour les enfants
Qui naissent et qui vivent entre l'acier
Et le bitume entre le béton et l'asphalte
Et qui ne sauront peut-être jamais
Que la terre était un jardin

Il y avait un jardin qu'on appelait la terre
Il brillait au soleil comme un fruit défendu
Non ce n'était pas le paradis ni l'enfer
Ni rien de déjà vu ou déjà entendu

Il y avait un jardin une maison des arbres
Avec un lit de mousse pour y faire l'amour
Et un petit ruisseau roulant sans une vague
Venait le rafraîchir et poursuivait son cours.

Il y avait un jardin grand comme une vallée
On pouvait s'y nourrir à toutes les saisons
Sur la terre brûlante ou sur l'herbe gelée
Et découvrir des fleurs qui n'avaient pas de nom.

Il y avait un jardin qu'on appelait la terre
Il était assez grand pour des milliers d'enfants
Il était habité jadis par nos grands-pères
Qui le tenaient eux-mêmes de leurs grands-parents.

Où est-il ce jardin où nous aurions pu naître
Où nous aurions pu vivre insouciants et nus,
Où est cette maison toutes portes ouvertes
Que je cherche encore et que je ne trouve plus

George Moustaki

martes, 15 de marzo de 2011

Le meteque



Avec ma gueule de métèque,
De juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents,
Avec mes yeux tout délavés
Qui me donnent l’air de rêver,
Moi qui ne rêve plus souvent,
Avec mes mains de maraudeur,
De musicien et de rôdeur
Qui ont pillé tant de jardins,
Avec ma bouche qui a bu,
Qui a embrassé et mordu
Sans jamais assouvir sa faim

Avec ma gueule de métèque,
De juif errant, de pâtre grec,
De voleur et de vagabond,
Avec ma peau qui s’est frottée
Au soleil de tous les étés
Et tout ce qui portait jupon,
Avec mon coeur qui a su faire
Souffrir autant qu’il a souffert,
Sans pour cela faire d’histoire,
Avec mon âme qui n’a plus
La moindre chance de salut
Pour éviter le purgatoire

Avec ma gueule de métèque,
De juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents,
Je viendrai ma douce captive,
Mon âme soeur, ma source vive,
Je viendrai boire tes vingt ans
Et je serai prince de sang,
Rêveur, ou bien adolescent
Comme il te plaira de choisir
Et nous ferons de chaque jour,
Toute une éternité d’amour
Que nous vivrons à en mourir.

Et nous ferons de chaque jour,
Toute une éternité d’amour
Que nous vivrons à en mourir